Entre midi, j'ai regardé Extérieur jour avec Marion Cotillard et Olivier Dahan (ndlr, actrice tenant le rôle de Piaf dans la Môme, ultra primée pour son interprétation + réalisateur ) itw mené par Daphné Roulier.
belle marion cotillard

Cette après-midi, j'ai écouté sur radio Studio 1 l'itw d'Emmanuel Giraud (ndlr, documentaire sur la résistance qui passera prochainement sur France Télévisions)Propos recueillis par Doudou (ndlr, un très bon copain, banquier de formation qui anime une émission hebdomadaire pour le compte d'une radio régionale et qui pourrait facilement envisager le métier de journaliste comme plan B)

Hier matin, dans le cadre d'une opération communication pour le journal, je suis allée faire un itw avec toute l'équipe du journal. Itw d'un illustre paysagiste jardinier. Un ponte dans le milieu. Je me suis occupée des photos et de la rédaction de l'article mais je n'ai posé que quelques questions complémentaires car c'est notre chroniqueuse jardin -plus à même de mener le débat- qui a posé les questions.

Ceci m'inspire néanmoins quelques réflexions...

Personnellement, j'adore le terrain. Je me sens super à l'aise dans l'action et pour rien au monde, je voudrais me limiter à un travail de secrétaire de rédaction. J'aime trop le contact, les rencontres, l'aventure. Je suis trop curieuse et speed comme nénétte pour me limiter au rédactionnel en balayant d'un revers de la main, toute la partie 'prise de contacts, collecte d'infos'.

Mais s'il y a bien une chose qui me saute aux yeux, au fur et à mesure de mes expériences, c'est la complexité de réalisation d'un bon itw, derrière une fausse apparence de facilité.
On se dit souvent: il suffit de poser quelques questions sans prendre, forcément, la pleine mesure de l'itw. Outre l'exigence de base qui consiste à poser des questions un minimum pertinentes, il faut savoir jongler avec les personnalités que l'on interroge. Il faut savoir s'effacer pour écouter et comprendre. Il faut faire preuve de psychologie et rapidement percuter les tenants et aboutissants de l'itw ainsi que les méandres de la complexité de la personnalité en face de soi. Il faut posséder un certain degré de self control, savoir s'adapter à l'interlocuteur et à son comportement et savoir jongler avec ses réponses

Mais je pense qu'un bon itw réside dans la qualité de l'échange et dans l'attitude respective de l'intervieweur et de l'interviewé.

Sur Canal +, je trouvais Daphné Roulier en difficulté face à un couple d'artistes liés par une expérience forte et unique. De même j'ai relevé la volonté et le courage de notre chroniqueuse face à un personnage intelligent mais présomptueux. Sur Canal, Daphné Roulier semblait parfois dépassée par la complicité du couple Dahan-Cotillard... même si elle essayait de ne pas le montrer... Du moins, c'est comme çà que je l'ai perçu. Pour ce qui est de notre chroniqueuse, elle est charmante et spontanée mais l'interlocuteur en question ne semblait pas apprécier son naturel et sa nonchalance et prenait un malin plaisir à contredire tout ce qui ne sortait pas de sa bouche. Notre chroniqueuse, n'étant pas du genre à se laisser facilement démonter a continué l'itw sur le même ton mais en utilisant lesarmes du paysagiste et vu de l'extérieur, c'était assez drôle et malgré les apparences, c'est elle qui menait le jeu.

A contrario, cette après-midi, l'itw menée par Doudou a été une franche réussite et le potentiel sympathie du producteur a sans nul doute contribué à la bonne marche de l'itw.

Des itw, j'en ai déjà fait des centaines et des centaines mais à chaque fois, il faut se replacer dans le contexte car aucune itw ne se ressemble. Tous les reportages menés -aussi proches soient-ils par leurs sujets- sont différents dans la manière d'aborder le thème et les itw. Parmi la floppée de personnages que j'ai déjà pu itw, il y a bien sûr ceux à qui il faut arracher les réponses, ceux qui se placent dans une position de dominant, ceux qui se la racontent, ceux qui jugent l'itw ou vos questions stupides... bref, un panel de comportements avec lesquels il faut travailler et tirer le meilleur....

C'est toujours plus facile de mener un itw avec quelqu'un d'agréable, de sociable, de souriant, de respectueux -et j'en passe- mais se retrouver en difficulté donne un peu de piquant à l'apprentissage d'un métier qui -selon moi- nécessite toute une vie. Se retrouver face à quelqu'un qui ne se montre pas coopératif ou qui dénigre votre travail ou intwer une personne arrogante ou silencieuse comme un bloc de pierre... vous oblige à trouver très rapidement des stratagèmes pour lui 'tirer les vers du nez' Et quelque part, cette difficulté supplémentaire vous oblige à vous transcender, à gérer l'inattendu et à ne surtout pas rester sur vos acquis ou vos impressions personnelles.

...Une chose est sûre: j'adore ce métier...

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