En avril, je suis contactée par RMC pour un poste de journaliste intermittent pendant la période estivale. Ma candidature a certes retenu l'attention des recruteurs mais elle ne me permettra néanmoins pas d'obtenir le poste.
En mai, mon directeur de publication, m'annonce qu'il va vendre le journal à un groupe de presse qui recherche de ce fait un nouveau journaliste pour l'agence sur Sarreguemines. Il m'annonce qu'il m'a recommandée et j'effectue de ce fait 15 jours de stage à la Presse de Vesoul. Objectif: savoir si je peux prétendre à un poste de journaliste. Je remplace la journaliste qui part en vacances et je m'en sors très bien. Je rédige nombre d'articles dont une page événement et à la fin du stage, l'on m'annonce qu'on se verrait bien me confier le poste de journaliste. Ultime épreuve, revenir à Sarreguemines et passer un mois de formation aux côtés de mon directeur de publication qui me forme aux techniques et savoirs d'un rédacteur en chef, m'annonçant que d'ici un mois, je me retrouverai seule à la tête de l'agence, avec sous ma responsabilité toute l'équipe de correspondants (une bonne dizaine). Ok, nouveau pari. En trois semaines, j'apprends à me servir de Quarkxpress. J'apprends les techniques liées à la mise en page (conférences de rédaction, chemin de fer, gestion des encarts publicitaires, hiérarchisation de l'information...). J'apprends aussi à gérer une équipe, des impératifs de bouclage et de chifffres. Bref, de simple correspondante en 2006 me voilà catapultée en 2008 journaliste avec des attributions de rédacteur en chef.
En juillet, après la vente du journal, je signe un CDI avec les 3 mois de période d'essai obligatoires et je me lance dans une nouvelle aventure puisque je suis désormais toute seule. Et quelle responsabilité à 23 ans, la survie d'un journal dans lequel je crois depuis le départ. Tout se passe très bien. Alors bien évidemment, je n'ai pas la rapidité de mon ancien chef ni les mécanismes bien huilés, il y a des automatismes que j'arrive à acquérir au fur et à mesure mais qui nécessiteront néanmoins du temps. Je travaille beaucoup, j'essaie de faire du mieux que je peux, bien sûr, il y a des erreurs, des maladresses mais dans l'ensemble pas de grossière erreur, pas de réclamations d'élus ou de personnes influentes, bien au contraire. Le journal ne chute pas dans les ventes, les retours sont bons. En août, j'ai même sous ma responsabilité un stagiaire -issu pour sa part d'une école de journalisme- et tranquillement, je prends le chemin de la rentrée.
Puis j'apprends que l'on va mettre fin à ma période d'essai, non pour raisons de compétence, mais pour cause de reclassement interne d'un autre journaliste. Belle récompense, non?
Après le choc et les 24 heures de politesse -dirons nous-, me voilà de nouveau en selle. Je cherche un travail et je suis disponible de suite. Et croyez-moi sur parole, je suis une très bonne recrue.



